
Max Schoendorff est né à Lyon le 29 décembre 1934.Son père, lorrain, participe activement à la Résistance. Devenu agrégé d’allemand, c’est lui qui initiera le jeune Max à la culture germanique.
À l’issue de ses études au Lycée du Parc, poursuivies jusqu’en khâgne, Max se voit d’abord écrivain. À dix-huit ans, il publie avec deux camarades un petit recueil de poèmes intitulé « Le Noir d’aimer ». À vingt ans, il participe, aux côtés de son ami Roger Planchon, à la création du Théâtre de la Comédie. Il y sera tout à tour administrateur, scénographe, décorateur et costumier.
Mais c’est finalement sa passion pour la peinture qui l’emporte : Il expose d’abord à la galerie « Folklore », chez Marcel Michaud, accomplit trente mois de service militaire, dont vingt-quatre mois en Algérie, puis participe à diverses expositions avant de rejoindre la galerie Verrière en 1966.
Dans les années 1970, il réalise plusieurs décors de théâtre, pour le metteur en scène Jacques Rosner, à Toulouse, pour le TNP de Villeurbanne, pour Jazz à Vienne, pour la Comédie française, les Opéras de Lyon et de Paris, ou encore le prestigieux Schiller Theater de Berlin.
Actif aussi dans l’univers du Cinéma, il cofonde, avec son ami Bernard Chardère, la revue « Premier Plan » et le C.I.C.I, (Congrès International du Cinéma Indépendant).
En Suisse, il réalise des décors pour les réalisateurs Jean-Marie Straub et Danièle Huillet. (« Von Heute bis Morgen »).
Max Schoendorff conjugue l’influence du Surréalisme avec celle des Maîtres anciens.

Inspiré par Max Ernst, André Masson et Hans Bellmer, son art s’enracine avant tout dans la peinture d’un Greco ou d’un Rubens, sans oublier son engouement pour « La mort de Lucrèce », de Guido Cagnacci ou pour l’iconique Retable d’Issenheim de Mathias Grünewald.
Peintre, dessinateur et graveur, Max Schoendorff, artiste polymorphe et surréaliste romantique, marie la prolifération des splendeurs végétales aux chatoiements minéraux comme aux extases organiques, voire orgasmiques. Le spectateur se trouve emporté par la richesse du mouvement et envoûté par la savante générosité des couleurs. qui mettent en route son imaginaire.
« Peintre avant tout », selon l’expression de son ami Jean-Paul Jungo, Max Schoendorff n’en est pas moins un homme engagé, généreux, solidaire et militant, dans la Cité comme dans l’art. Il co-crée en 1983 la Mapra (Maison des Arts Plastiques de Rhône-Alpes) et fonde l’URDLA, Union Régionale pour le développement de la lithographie d’art, (déclinée aussi en Utopie Raisonnée pour les Droits de la Liberté en Art) d’abord à Lyon, en1978, puis à Villeurbanne en1986, centre d’exposition et de création qui poursuit son chemin, en se préparant à fêter son cinquantième anniversaire, tandis que le Musée des Beaux-Arts va montrer un nombre important d’oeuvres du peintre dès le 11 septembre à l’occasion de son « Musée sentimental ».
Odile Nguyen-Schoendorff
